Escalade à la Mescla 07/10/2017

Compte rendu d’exploration de la Grotte de la Mescla.

L’objectif de notre sortie est la poursuite de l’exploration post S2 (800m -69m), des escalades terminées deux mois plus tôt après 35m d’ascension, nous revenons cette fois-ci à quatre bien déterminés à monter plus haut et découvrir les secrets de ce réseau mythique.

 

Le portage :                                                                                                                                                    Comme tout commencement pour une aventure d’exploration cela débute par un le fastidieux portage jusqu’au S1. Malgré l’utilisation de nos recycleurs qui nous confèrent une grosse autonomie, il faut prévoir l’imprévisible: la panne de la machine, la perte de fil, le retour dans l’obscurité totale, etc…. Nous amenons des 20 litres, avec quelques savant mélanges de plus petites bouteilles pour la décompression. Le propulseur est de la partie pour traverser très vite. Tout cela représente entre 5 à 6 charges par plongeur.

Nous avions prévu de faire un petit bivouac dans la grotte, histoire d’être prêt très tôt, d’être bien reposés, de ce faire une petite soirée grottesque… une panne imprévue sur un recycleur et une attaque furtive par une souris sur une des sacs de provision laissé à l’entrée de la cavité aura eu raison de notre programme nocturne.

Nous réalisons quand même ce jour là une plongée pour y déposer tous le matériel devant le S2 puis dans celui-ci, deux bouteilles d’oxygène à 6m et un relais de nitrox dans le premier puits à 250m de l’entrée.

La plongée :                                                                                                                                                     Nous démarrons de bonne heure, avec un levé des braves à 6 heures du mat, le temps d’émerger, du petit déjeuner, de la route nous sommes à la grotte à 8h00. Nous nous immergeons dans le S1 il est 8h45, je fait binôme avec mon Didou, il tracte le container logistique contenant les accus, le perfo, le disto, tous les matériels sensibles, c’est un accessoire indispensable pour la réalisation d’une telle aventure. Mais il est très contraignant en raison de son volume constant et poids apparent variable en fonction des matériels rangés dedans il faut le lester et ce n’est pas une mince affaire.

La traversée de ce siphon est à chaque fois une aventure tant sur le plan du paysage souterrain varié, par ces volumes, ces formes, la visibilité plus de 15m. La température de l’eau à 24°, j’ai chaud dans ma combinaison humide de 3mm et 5mm. C’est une aventure historique avec la présence des traces du passé laissées par les précédents explorateurs comme dirait mon Didou c’est un voyage qui dure 19 minutes. Nos collègues Laurent et Fred nous précédent de 5 minutes, nous les retrouvons pour la réalisation de nos deux minutes de palier.

L’exploration :                                                                                                                                                  Nous enchainons, le temps du des-équipement, nous entrons dans la peau du spéléologue, nous voilà équipés de nos baudriers de nos kits chargés de cordes et perforateur. Nos démarrons l’ascension des puits pour rejoindre la suite du réseau.

Arrivés au dernier puits, première boulette ou erreur d’inventaire nous n’avons pas de dégaines pensant que nous les avions laissé ici. Nous faisons preuve de stratégie et prudence, nous avons au dessus de nos têtes une pile d’assiettes de blocs qui tient par le saint esprit… Malheureusement il faut passer à coté pour rejoindre la suite. Nous équipons la corde en mains courantes pour passer au plus loin de cet obstacle de Damocles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous arrivons au terminus de la précédente escalade. La suite est très intéressante, à ma droite un beau méandre d’un mètre de large se développe horizontalement, en haut une belle escalade se poursuit, sur la gauche une belle lucarne boueuse donne cinq mètres plus loin sur un puit descendant ou nous entendons l’eau couler… Les pronostics vont bon train. J’annonce une nouvelle rivière à découvrir, les autres  me disent que c’est le bruit de la cascade du S2… en attendant de lever nos interrogations.

Je sécurise l’équipement, la zone est marneuse la roche est très instable par endroit, je trouve malgré tout un beau miroir de faille bien dur. Pendant l’équipement Fred est attiré par un départ dans notre dos, une lucarne de de 80cm de diamètre tapissée de concrétionnement blanc comme de la neige et très poreux voir poussiéreux, percevant un courant d’air, il inspecte les lieux, il nous interpelle de sa grosse voix, ça continue. Le choix est vite fait par ce passage que nous nommons la galerie de la chounf, les volumes prennent de l’ampleur. Nous sommes dans une petite salle ébouleuse toujours dans les marnes, devant nous un ressaut de quatre mètres composé sur les parois de roche instable, un vrai casse tête pour grimper. D’ailleurs Fred y fait une tentative en libre quitte d’une belle frayeur, en effet il nous a fait partir des cailloux le temps d’un cri «Pierre….» celle-ci rebondissent sur mon poignet puis deux mètres en dessous sur le coude de Didou….Plus de peur que de mal.

Nous comprenons qu’il faut être prudent ,nous sommes très loin … au vue des obstacles qu’il y a à franchir…l’erreur en ces lieux peut être fatale.

Je me colle finalement à la grimpe en posant un goujon au dessus de moi , j’escalade d’un mètre cinquante et cherche en hauteur une roche de meilleur qualité pour poser un autre point. La suite est un mètre devant…J’arrive à trouver du bon caillou, Fred me passe un étrier et me sert de deuxième point d’appui.

 

Je me lance , les cailloux tiennent soudés par de la calcite , çà y est , je suis en haut d’une petite salle de trois mètres de diamètres.

Au dessus de nous un ressaut d’un mètre cinquante qui se poursuit d’un virage à gauche et d’un nouveau puits ascendant de 10m .

Se présente face à nous une roche claire et bien dure,

«Nous n’avons plus de matériel nous venons d’utiliser 40m de cordes et tous les goujons, nous sommes contraint  de faire demi-tour, en réalisant la topographie, le méandre à droite n’aura donné que 10m de galerie  se terminant  sur étroiture.

Le bilan est encouragent 40m de première avec environs 20m d’ascension supplémentaire trois départs à explorer….et un nouveau réseau celui des Lapins Crétins.

Le retour :                                                                                                                                                      Il est 15h00 Quand nous reprenons le chemin du retour, Fred et Laurent sont partis avec un peu d’avance, l’eau est de couleur chocolat…toute la boue accumulée sur nos combinaisons et équipements se déverse dans le S2 , le retour va être sympatique…de plus nous bataillons avec Didou pour rééquilibrer le container qui a perdu du poids avec le matériel d’équipement laissé au terminus… Nous trouvons tant bien que mal des cailloux que nous glissons sur les élastiques du tube pour neutraliser sa flottabilité. Didou prend la tête du convoi et le suis pour parer à tout problème sur sa remorque…

Le début de l’immersion est fantastique 50 cm de visibilité, si les conditions sont ainsi sur les deux cent premiers mètres ce ne va pas être de la tarte. Impossible de scootériser nous suivons d’une main le fil d’origine, pas trop fermement car les amarrages sont très douteux, il va falloir venir changer ça histoire d’avoir un lien plus rassurant pour retrouver la surface. Heureusement nous retrouvons une meilleure visibilité trente mètres plus loin, séquence guerre des étoiles ,scooter à fond les jeux de lumières nous accompagnent pendant nos trente minute d’immersion jusqu’à la sortie.

Arrive le moment fastidieux du portage heureusement renforcé par l’équipe du Garagalh Tonio, Michel et Lauréline nous aident dans la sortie de nos lourdes charges .

18h00 tout est fini, nous pouvons prendre une petite collation tous ensembles.

Nous sommes heureux d’avoir pu partager un bon moment récompensé par un belle exploration dans ce  magnifique réseau, qui n’a pas livré tout ses secrets.

La suite dans le prochain épisode…

 

Plongeurs : Didier Quartiano, Fred Swierczynski, Laurent Mestre, David Bianzani.

Spéléo : Michel Isnard, Tonio Da Cunha, Lauréline jeune membre du club

cds 06 Fréderic Bonnacossa,

l’équipe du caisson hyperbare de Nice

Jerôme Espla et Arthur Establie dans nos coeur

 

Nous dédions cette journée d’exploration à Eric Establie toujours dans nos pensée…..qui nous a quitté le 3 Octobre 2010.

 

Récit David Bianzani

 

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À propos didier quartiano

plongeur

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